La fête des chandelles

02-02-2022
 
Une tradition celte, romaine, païenne, chrétienne, et…. gourmande !
 
Dans la tradition celte, c’est la fête de Imbolc.
Qui symbolise la lumière, la purification.
Plus précisément, le mot« imbolc » signifie signifie « à l’intérieur, dans le ventre ».
La période correspond aussi au temps de l’agnelage, quand les brebis allaitent leurs petits.
 

Dans la tradition druidique, le rituel d’Imbolc était uniquement mené par des femmes. Elles allumaient 8 bougies, qui représentaient les 4 équinoxes et les 4 fêtes lunaires. A la fin du rituel, elles mangeaient des galettes de froment.  Des galettes évocatrices de la forme de la lune et du soleil.

Cette fin d’hiver est un temps de purification, de nettoyage (ne parle-t-on pas de nettoyage de printemps ?).
C’est le temps de la préparation à ce qui va suivre. On célèbre la lumière dans toutes les traditions. Chez les celtes, les fêtes sont en l’honneur de la déesse Brigit, qui célèbre la purification, la sortie de l’hiver, l’ouverture au printemps, le réveil de la terre. Les paysans parcouraient en procession les champs avec des flambeaux, pour demander à la déesse de purifier la terre avant les semailles.

Dans la tradition latine, la festa candelarum est une fête païenne, qui a lieu le 2 février, qui consistait à allumer des chandelles pour annoncer les Lupercales, en honneur de Lupercus, le dieu de la fécondité et des troupeaux.

On retrouve le lien entre la visée purificatrice des chandelles et la lactation.

Derrière la symbolique de l’ouverture au printemps, je ne peux m’empêcher de retrouver le mythe de Cérès (Déméter), déesse de l’agriculture et des moissons. Sa fille Proserpine (Perséphone), l’épouse de Pluton (Hadès), le dieu des Enfers, vivait sous terre.

Sous la menace faite par Cérès de priver les hommes de nourriture si elle ne revoyait pas sa fille, Jupiter (Zeus) autorisa Proserpine à revenir sur terre la moitié de l’année. Ce mythe évoque le retour du printemps après la vie rude de l’hiver.

On retrouve cette tradition en Amérique du Nord avec le jour de la marmotte. Si la marmotte sort de son terrier ce jour du 2 février et ne voit pas son ombre parce que le temps est nuageux, l’hiver finira bientôt. Si au contraire elle prend peur devant son ombre parce que le soleil est là, elle retournera dans son trou et l’hiver continuera.

Dans la tradition chrétienne, la Chandeleur correspond à la fête de la Présentation au Temple. C’est aussi le moment où l’on range la crèche de Noël.

 
Et les crêpes ?

Leur forme ronde et leur couleur dorée symbolisent le retour du soleil. La symbolique est toujours la même. On dit même que la tradition de faire sauter les crêpes de la main droite en tenant une pièce d’or dans la main gauche était un gage de bonnes moissons si la crêpe retombe bien dans la poêle.

Quelques suggestions pour accompagner  vos crêpes

Crêpe au sucre ?
Une bière légère, aromatique, sèche, avec une petite amertume, une Pale Ale, ou en version American Pale Ale est tout indiquée ! Comme la Chargeoise Louisette, de la brasserie de la Rente Rouge.

Crêpe au chocolat ?
Plusieurs choix possibles, à commencer par un Baltic Porter, comme celui de la microbrasserie Bacquet & Cie.
Ou une bière crémeuse et chocolatée, le ton sur ton ira bien. Un Oatmeal Milk Stout comme celui de la brasserie Les 2 Fûts, ou le Sweet Stout de la brasserie Thiefine.

Enfin, osez l’ajout complémentaire au chocolat, avec l’incroyable Abazzaia Amarena de la brasserie l’Origine du Monde. Ou dans un autre style d’ajout, les noisettes, le cacao et les amandes de l’Apache 4.0 de la brasserie La Parisienne.

Crêpe à la confiture d’orange ?
Une NEIPA bien sûr, pour le velouté, le fruité, le juteux et la fraîcheur ! Comme la Tropical Therapy des Intenables.

Crêpe au caramel?
Une  Mousse de Bleau Irish Red Ale comme celle de la Microbrasserie La Bacotte, ou une Brown Ale comme la Casse-Fringale de la brasserie La Rustine !

Toutes ces bières recommandées sont présentées dans le nouveau Guide Hachette des Bières 2022.

 

 

Auteure : Elisabeth Pierre

Crédit photo :Philippe Murray-Pietsch