A Clermont, c'est une histoire de bonne humeur avant tout, de partages et de rencontres, au fil des stands des 40 brasseurs réunis par Vulcan Event et l'Empire du Malt.

Organisé avec maestria par Jean Marc Cayla avec l’association Vulcan Event, en partenariat avec lEmpire du Malt, cette deuxième édition a été marquée par une sélection de brasseurs et une ambiance topissimes.

A commencer par la soirée pré-festival, où les brasseurs se retrouvent au Brew-Pub du Brézet pour un moment d’échanges, de retrouvailles ou de nouvelles rencontres. Idem pour la soirée brasseurs du samedi, des temps privilégiés pour parler entre brasseurs et s’amuser ensuite au Délirium Café !

Deux jours au Polydome de Clermont, un espace suffisamment vaste pour accueillir ces 40 brasseurs, et permettre aux visiteurs de circuler sans se marcher les uns sur les autres.
Le public au rendez-vous a marqué les brasseurs par son intérêt, sa curiosité, son envie d’apprendre, au delà des envies de déguster !!!  Autre petit détail d’importance quand on vient pour parler avec des brasseurs,  et bien, se parler, c ‘était possible !!! l’organisateur ayant compris que des tympans soumis à des décibels extrêmes avaient des limites pour supporter la musique souvent assourdissante dans ce type de festivals…

Coups de coeur et rencontres au fil des allées

Après être passé par l’accueil, très pro, avec des bénévoles souriants, toujours aimables,   Anne Laure Pelloux Prayer, la brasseuse de la Brasserie de la Loire, est là, avec un stand impeccable, Garipotte et 109 à la pression, une printemps florale en diable et une ale ambrée, typée red ale, sèche et noisettes. Sans parler de  sa bière au pain, la Boulonji, et de ses petits craquants à la fourme de Montbrison et aux drêches.

Direction la Gaspésie pour passer un moment délicieux avec Louis Franck et Sébastien Valade, les brasseurs de la Microbrasserie Le Naufrageur. Des instants rares, avec des brasseurs aux sourires ravageurs d’une simplicité et d’une humilité rares, qui prennent le temps d’expliquer à tous les visiteurs, quelque soit leur niveau de connaissance, les particularités de leurs IPA typées amérindiennes, et profitent de l’occasion pour faire goûter leur Machault, ESB biscuitée et amère, tirée à l’azote.

On ne quitte pas le Québec, pour associer à ces coups de coeur Dominique Gosselin, brasseur des Brasseurs du Temps, un sommet de gentillesse et d’humour, malgré la foule amassée devant ses tireuses, pour découvrir la Dumduminator, une weizenbock magnifique sur un Cantal entre deux,  la Blanche de Koralie et la sublime Diable au Corps., certainement un des plus gros succès du Festibière. Clin d’oeil particulier à Dominique pour ses mots tant appréciés sur la qualité des bières présentées par les brasseurs français, -loin de ses souvenirs- … !!!

Que dire des nouveautés de David Desmars de la Brasserie du Haut-Buëch ? A part s’extasier et en profiter, tant il est encore rare à  Paris, ( je me souviens de cette soirée dégustation il y a .. 3 ans? 4 ans? où l’assistance toute parisienne l’avait trouvé trop  » amer » trop « acide » trop « particulier »… La mode n’était pas encore arrivée sur les sour et les malts locaux… hum… les temps changent heureusement et David est maintenant un brasseur encensé, reconnu, invité sur Paris…  Mais rien ne vaut la visite chez lui, dans sa brasserie, un moment unique que je vous recommande fortement ! Goûtez son Lichtenhainer et son Grätzer, entres autres, pour vous faire une idée…

Et parmi les nouveautés de  Yann Gangneron, le brasseur de la Brasserie Joli Rouge,  et ses toujours classiques Pils et Bitter, il faut goûter sa Vanilla Rye Stout, chocolatée, torréfiée, moelleuse avec son filet de vanille fraiche de la Réunion.

Côté nouveaux venus, Boris Balizet brasseur de la Brasserie Margot, à Albi, dans le Tarn, faisait goûter l’Etonnante Voyageuse, une Session IPA de toute beauté, additionnée de verveine citronnelle, impeccable sur un chèvre mi frais, et la Boudeuse, un sweet porter comme on aime, doux, léger, onctueux.

Et Florent Riquelme le brasseur de la Brasserie Balm’, son Impérial Stout, sa rousse crémeuse et amère, toute sa gamme est généreuse, expressive, des bières équilibrées, a la fois rondes et houblonnées… Mention spéciale pour ses contre étiquettes, inspirées de celles des Trois Mousquetaires, et qui constituent une avancée certaine dans l’effort d’informations aux consommateurs, tellement désireux d’apprendre.

Autres découvertes coups de coeur :
–  Velours Noir, le magnifique Stout de Justin Lott, le brasseur de la Brasserie Grizzly, souple, léger, facile à boire, et goûteux en même temps, le genre de bière dont on se souvient, parce que l’on a envie de la trouver partout !!!
– French Saison Physallis collaboration de la Brasserie de Sulauze et de la Brasserie du Haut-Buëch, tout en astringence, ode au labeur des brasseurs  ( 9 heures d’équeautage, 90 kg de physallis… )
Spring Binch étonnante bière de printemps sèche et florale de la Brasserie Plan B,
– L’Exhumée de la Brasserie l’Excuse dans le Gers, tourbée avec écorce d’orange et poivre, élevée 3 mois en barriques d’Armagnac de 2014 et de 2016, puis assemblées, pour donner un nectar ample, sur les fruits confits, la tourbe et les épices… Et The Ecstatic, collaboration avec Beer Mosaic, sour houblonnée au Bramling Cross,…
– l’Ardenne Spirit, de la Brasserie de Bastogne, 3 malts, 3 houblons, une explosion de saveurs et une longueur en bouche exceptionnelles, et bien sûr l’Ardenne Stout et toutes les Troufette…
– la Printemps de La Damoiselle de la Brasserie de l’Alagnon,  basse fermentation houblonnée à cru, concoctée avec les premiers malts de l’année, issus des orges cultivées à Blesle.. Charlie Leroux est un des rares brasseur à évoquer la tradition des caves au froid de l’hiver, d’où son choix d’unefermentation basse, plus longue à maturer, et des orges de la dernière récolte…

Et toujours :
la Blanche au Timut de la Brasserie La Lutine
la Ginger Ale et toutes les bières noires de la Brasserie An Alarc’h, dont la Strong Brown Ale,
la Pils  et toutes les bières fermières de la Brasserie Caussenarde

Côté victuailles, on a apprécié la terrine de veau à la bière fumée Vieux Tuyé de la Brasserie Rouget de Lisle, et la somptueuse terrine aux girolles de Gaetan Genestoux.

 Merci Jean Marc, Dominique, et tous les bénévoles pour ce festival fantastique. Merci pour m’avoir proposé d’animer deux conférences, l’une sur Bières et Fromages avec Phil à fromages et l’autre sur le thème de Bières et Mets avec Nelson, la Cuisine et vous, j’ai aimé les échanges avec le public, si curieux et si authentique.