La bière est une oeuvre d'art et un aliment.

Réponse à cet « article » paru dans 20 minutes.fr

Tout ce que je déteste : l’ignorance, des poncifs en veux- tu en -voilà, des fautes d’orthographe, la coupe est pleine. Allez zou, je m’y colle, parce que laisser de telles inepties sans commentaires,  c’est juste pas mon style, surtout quand il s’agit de cette boisson multimillénaire, plus que dotée de bienfaits dont les principaux sont :

La bière n’est pas calorique.
Avec 40lcal / 100g, la bière est la boisson la moins calorique
Comparée à un soda 49kcal / 100g, un vin à 12° 70 à 100 kcal / 100g, un porto 160kcal / 100g, un whisky 244 kcal/100g.

Des calories vides ? sans aucun bienfait nutritionnel ?
Les wikings qui emportaient sur leurs bateaux ( et tous les marins de même) du malt, de l’eau et des tonneaux pour fabriquer de la bière et éviter la pellagre et le scorbut pendant les longues traversées… ne seraient pas contents, mais pas contents du tout !
Pourquoi ?  parce que la bière est pleine de vitamines, notamment du groupe B et permettaient donc ( j’en reviens aux Vikings) de lutter contre certaines avitaminoses. 

Des vitamines :

– B1, la thiamine, qui stimule l’organisme car elle permet une meilleure utilisation de l’énergie alimentaire. Une carence en vitamine B1 produit des troubles de l’appétit,de la digestion et des troubles neurologiques.
Dans un litre, il y a 7 à 14% des apports journaliers recommandés.

– B2, la rioboflavine : qui permet de pallier à des polycarences liées à des régimes déséquilibrés. Dans un litre, il y a 18 à 61 % des apports journaliers recommandés.

B3, ou PP : la carence de cette vitamine entraine une maladie comme la pellagre. Dans un litre, il y a 33 à 44 % des apports journaliers recommandés.

-B5, l’acide pantothoténique : il participe aux synthèses des acides gfras et de nombreux autres composés comme les stérols ( parmi lesquels certaines hormones sexuelles), et il active le métabolisme tissulaire. Dans un litre, il y a 33 à 44 % des apports journaliers recommandés.

B6, la pyridoxine, qui possède une action importante dans les processus métaboliques cérébraux, entre autres dans la synthèse de certains neurotransmetteurs qui assurent la communication entre les neurones. Dans un litre, il y a 33 à 44 % des apports journaliers recommandés.

– B9, l’acide folique, qui entretient le bon sommeil, la mémoire efficace, qui  évite la fatigue et l’irritabilité, qui permet au sang d’assurer ses fonctions, en particulier celle d’oxygénation d’organes.

 B12, la cobalamine, qui joue un rôle dans le dynamisme du cerveau, et dont la carence se manifeste par des altérations hématologiques et des perturbations neurologiques, comme des pertes de mémoire. Dans un litre, il y a 100 à 160% des apports journaliers recommandés !

La bière contient aussi des sels minéraux répartis entre le potassium, le phosphore, et le magnésium.

Ne pas oublier que la bière est une boisson alcoolisée donc à consommer avec modération. Cela dit, c’est une des boissons les moins alcoolisées, sa teneur est variable et se situe entre moins de 1° pour les bières sans alcool et 6.5°. La moyenne est de 4.5°.

Et les glucides ?  

La bière en contient, mais très peu. Dans les 15 classes d’aliment selon leur teneur en glucides, la bière qui contient 3.5% de glucides est dans la 2° classe ( de 3 à 6%) avec les champignons, les choux, la mâche, les navets..

Les fruits les moins sucrés sont dans la 3° classe ( de 6 à 9%), comme le citron et la groseille. Les fruits plus sucrés, comme l’orange, la pêche, la pomme sont dans les 4° et 5° classes ( de 9 à 15%).  La pomme de terre se trouve à 20% et dans les dernières classes, on trouve les légumes secs, le pain et toutes les pâtisseries.

On peut considérer que 2 à 3 bouteilles de bières de 25cl apportent autant de matière glucidique que 200g d’aubergines ou de champignons, 250 g de tomates, ou 150g de melon…

Et les protéines ?

On en trouve environ 4.5g / litre. Elles proviennent du malt d’orge, des céréales crues, des levures.

 Et son pouvoir galactogène ? vous en faites quoi de son pouvoir galactogène ?

Cette croyance traditionnelle a été vérifiée scientifiquement en 1988 par le professeur Houdebine de l’INRA, qui a mis en évidence que ce composé galactogène est issu du bêta -glucane. Une étude présentée aux Entretiens de Bichat en 1999, je m’en souviens j’y étais et pour cause, c’est dire… Il n’y a pas si longtemps, les bières pour nourrices étaient vendues en pharmacie et recommandées par les médecins…

Et le ventre de bière ?

Tout aliment et toute boisson, consommés avec excès, ont des conséquences de ce type. Ce ventre de bière, si souvent évoqué, est le résultat d’une alimentation trop riche mariée à un volume de bières au -delà des quantités modérées…

Cette boisson multi millénaire, est le résultat du savoir- faire, du génie, de l’attention des brasseurs. La bière est une œuvre d’art ET un aliment.

Mes sources ?

Professeur Jean -Marie Bourre, Inserm .
De l’épi au demi, 1999, Flammarion.